25 July 2019

RDC : l’ONU appelle Tshisekedi et Kabila à former un nouveau gouvernement

On pensait le consensus atteint. Surtout que le chef d’Etat Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila – liés par un accord de partage de pouvoir – se sont de nouveau rencontrés cette semaine, et qu’une photo d’eux, sabrant le champagne a fuité dans la presse congolaise. Mais il va falloir attendre encore un certain temps. Une attente qui a visiblement fini par impatienter les Nations unies.

À la tribune de l’ONU ce mercredi, l’envoyée spéciale de l’institution en République démocratique du Congo a appelé les deux alliés à faire des concessions afin d’arriver à un compromis sur le prochain gouvernement du pays. Pour Leila Zerrougui, qui a précisé que des « négociations laborieuses » se poursuivaient entre le parti du président Tshisekedi et la coalition de Joseph Kabila, ce retard a un impact sur la transition politique dans le pays.

Sauvegarder les acquis

La nomination d’un Premier ministre en la personne de Sylvestre Ilunga le 20 mai dernier, qui a suivi l‘élection de la présidente du Parlement fin avril, avait atténué les contestations dues à l’attente d’un gouvernement. Mais deux mois plus tard, la nouvelle équipe gouvernementale se fait attendre. Car, s’il est vrai que le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, majoritaire au Parlement, devrait s’adjuger la majorité des 65 postes, soit 42 postes, reste toutefois à spécifier les maroquins à attribuer à telle ou telle coalition. Et c’est là que les négociations piétinent.

Une impasse à lever rapidement selon l’ONU. Bien que « satisfaite » de la première transition pacifique en République démocratique du Congo, l’envoyée spéciale de l’ONU en RDC a exprimé son « inquiétude » à propos de la situation politique, soulignant que l’absence de gouvernement opérationnel rend difficile l‘établissement de « relations solides » avec les partenaires et la mise en œuvre des réformes importantes promises par Tshisekedi.

Déclaré vainqueur de la présidentielle de décembre 2018, Félix Tshisekedi a fait de la lutte contre la corruption et de la sécurisation du pays ses chevaux de bataille.