En bref

Moïse Katumbi Chapwe est une personnalité politique de nationalité congolaise. Grand défenseur de la démocratie et de l’Etat de droit en République Démocratique du Congo, il est candidat à l’élection présidentielle au sein de la plateforme ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT (ENSEMBLE en abrégé), créée le 12 mars 2018.

Nommé « Personnalité de l’année 2015 » par le magazine Jeune Afrique, il a été Gouverneur du Katanga, la plus grande province de RDC, entre 2007 et 2015. En 2017, un sondage mené par l’institut Berci et le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) le place en tête des intentions de vote dans l’optique d’une élection présidentielle. En 2018, ce sondage actualisé place encore Moïse Katumbi en tête des intentions de vote.

Avant d’entrer en politique, Moïse Katumbi a fait carrière dans le secteur privé. Il a d’abord prospéré dans la pêcherie industrielle, l’agro-alimentaire et l’agro-industrie. Il se diversifie ensuite dans le transport, le commerce et les mines. En 1997, il crée la société Mining Company Katanga, vendue depuis.

Depuis 1997, Moïse Katumbi est également Président du club de football de Lubumbashi, le Tout Puissant Mazembe. Par son leadership, le professionnalisme et la rigueur qu’il a su y instaurer, il a ramené le TP Mazembe au sommet du football africain. Sous sa présidence, le club est sacré cinq fois champion d’Afrique et atteint la finale de la Coupe du monde des clubs en 2010.

En janvier 2007, il est élu Gouverneur de la province du Katanga. Développement des infrastructures, hausse des investissements, accès aux soins, à l’eau potable, à l’éducation, bonne gouvernance, son bilan et ses réalisations sont nombreuses et on été salués tant par les Congolais que par les observateurs internationaux.

Après 8 ans à la tête du Katanga, Moïse Katumbi démissionne le 29 septembre 2015 de son poste de Gouverneur et du parti de la majorité présidentielle, le PPRD. Il déplore les manœuvres visant à maintenir le Président au-delà de ses deux mandats constitutionnels et dénonce les dérives totalitaires du pouvoir, notamment les atteintes à la liberté d’expression et arrestations arbitraires. Depuis lors, il est victime d’un acharnement judiciaire, physique, et politique.

Répondant à l’appel de plusieurs coalitions de partis politiques d’opposition, notamment le groupe du G7 et l’Alternance pour la République, il se déclare candidat à l’élection présidentielle le 5 mai 2016. Il est membre du « Rassemblement », la plateforme de l’opposition politique congolaise. Il préside la plateforme électorale ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT qui soutient sa candidature et rassemble l’ensemble de ses soutiens.

Moïse Katumbi Chapwe est né le 28 décembre 1964 à Lubumbashi au sein de l’ethnie bemba. Il est le fils d’une princesse bemba/yeke de la lignée Msiri le roi des Bayekes. Son père, Nissim Soriano, avait fui en 1945 l’île de Rhodes alors contrôlée par l’Italie fasciste pour s’établir au Katanga où il développa un commerce de poissonnerie repris ensuite par le frère aîné de Moïse.

Alors qu’il étudie à la mission de Kapolowe, Moïse Katumbi commence à travailler dans l’entreprise familiale. Pendant les grandes vacances, il accompagne les camions chargés de poissons entre le lac Tanganyika et le Cap, en Afrique du Sud. A 18 ans, il travaille aux côtés de son frère, qui gère l’entreprise familiale. Moïse Katumbi conduit les camions, transporte les cartons.

Depuis lors, il n’a cessé de travailler, dans l’entreprise familiale puis en développant sa propre activité. Il étudie en parallèle et obtient un diplôme de gestion.

Moïse Katumbi est catholique pratiquant, marié à Carine Katumbi et père de famille.

Alors qu’il est encore à l’internat, Moïse lance sa propre société dans la pêcherie industrielle où il prospère grâce à un travail acharné et un sens aiguisé des affaires. Il s’approvisionne au Lac Moero et fournit notamment la Gécamines, l’une des principales entreprises du pays. Après quelques années, il diversifie ses activités au-delà de l’approvisionnement alimentaire, dans le transport et le commerce.

En 1997, il crée la société MCK (Mining Company Katanga), qui se spécialise dans les services aux activités d’exploitation minière : découverture de minerais et transport. Cette société prospère rapidement. En plus de MCK, Moïse Katumbi a exercé de multiples activités en RDC, mais aussi, en panafricaniste convaincu, au-delà des frontières congolaises, en Zambie où ses entreprises se sont fortement développées, et, durant ses années d’exil, en Afrique du Sud.

Quand il devient Gouverneur fin 2007, il se retire des affaires et lègue sa société. Sa fortune personnelle lui confère une indépendance appréciée des citoyens congolais car il n’use pas de la politique pour s’enrichir. En effet, lorsqu’il revient d’exil en 2002, Moïse Katumbi a déjà fait fortune. En novembre 2015, la société MCK est vendue à un grand groupe de logistique français.

Ses multiples activités développées avant d’entrer en politique au Congo, en Zambie et en Afrique du Sud ont fait de lui l’un des plus grands entrepreneurs africains du début du XXe siècle.

Depuis son adolescence, Moïse Katumbi est passionné de football. A l’âge de 17 ans déjà, il devient propriétaire d’un premier club local de football. Depuis 1997, il est Président et propriétaire du club de football congolais, le TP Mazembé. En instaurant une culture professionnelle digne des plus grands clubs mondiaux, de la discipline et du travail, Moïse Katumbi a permis à ce club mythique du continent africain de retrouver sa gloire d’antan.

Sous sa présidence, le club remporte 3 de ses 5 victoires en Ligue des Champions africaine (1967, 1968, 2009, 2010 et 2015) et atteint la finale de la Coupe du Monde des Clubs à Abou Dabi en 2010. Il est le premier club non européen ou sud-américain à être parvenu à ce stade de la compétition. Le club remporte également la Coupe continentale de la Confédération Africaine de Football en novembre 2016.

En plus du volet sportif, Moïse Katumbi développe les infrastructures et la formation en construisant un stade ultra-moderne en 2011 avec une capacité de 18 000 places. C’est le premier stade privé du pays.

Moïse Katumbi siège à la Commission stratégique de la FIFA depuis janvier 2012. En Janvier 2015, il a reçu la récompense de « Leader de football de l’année » par la Confédération africaine de football.

Katumbi Football Académie

La Katumbi Football Académie a ouvert ses portes au quartier du Plateau, à Lubumbashi le 11 janvier 2012. L’objectif est de former l’élite du football africain. D’importants travaux en 2015 ont permis à l’académie de se mettre au niveau des centres les plus modernes du monde.

L’académie se concentre avant tout sur le recrutement de talents congolais.

Sur le plan de la culture générale, les Académiciens bénéficient d’un enseignement de base de qualité et sont présentés chaque année à l’examen du DELF (Diplôme d’Enseignement en Langue Française) en collaboration avec l’Alliance Franco-Congolaise de Lubumbashi

Voir le reportage de Canal + Talents d’Afrique

Alors entrepreneur à succès, Moïse Katumbi répond, en 2006, à un large appel de la population en se lançant en politique. Il est élu, au niveau provincial et au niveau national, député du Katanga avec plus de 100 000 voix en sa faveur, faisant de lui le député le mieux élu du pays. Dans la foulée, il est élu Gouverneur de la province du Katanga en janvier 2007 avec 94 voix sur 102.

En tant que Gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi va développer la province comme jamais auparavant. Par la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance, par la culture du résultat, l’exigence, la rigueur de gestion et le travail quotidien, il fait du Katanga la “province pilote” du pays et le premier contributeur au budget national.

Bonne gouvernance

Durant ses deux mandats, Moïse Katumbi améliore le climat des affaires et restaure l’ordre dans la province. Il lutte contre la corruption en promouvant la bonne gouvernance, tout en s’assurant que la population bénéfice davantage des richesses immenses de la province.

Gestion du secteur minier

Dès son arrivée à la tête du Katanga, Moïse Katumbi met en place l’interdiction d’exporter les minerais bruts, forçant ainsi les industriels à construire leurs unités de transformation au Katanga, source d’emplois pour les Congolais. Conséquence immédiate, de 2008 à 2013, la production de cuivre du Katanga passe de 800 tonnes à 1 millions de tonnes par an.

Développement de la province

Les revenus générés par l’industrie minière et l’amélioration de la gouvernance permettent le développement rapide de la province:

Moïse Katumbi fait de la construction d’infrastructures l’une des priorités de son action. Les principaux axes de Lubumbashi sont bitumés, et plusieurs axes routiers sont réhabilités et asphaltés. Entre 2007 et 2015, plus de 3200 km de routes en terre sont réhabilitées et 1500 km de routes son asphaltées. Le pont de Lualaba, plus grand pont en béton du pays, est construit. Il est long de 710 mètres et supporte une capacité de 100 tonnes.

Dans le domaine énergétique, il fait réhabiliter plusieurs centrales électriques, il fait moderniser des outils de transport du courant (cabines et câbles).

Plusieurs hôpitaux sont construits et modernisés, des écoles et universités sont rénovées permettant de faire bondir le nombre d’élèves dans l’école primaire de 300 000 en 2007 à 3 millions en 2015.

Grâce à la construction d’usines, de traitements d’eaux, au renouvellement d’outils de production d’eau potable, la part de la population alimentée en eau potable passe de 48% à 70% entre 2007 à fin 2012. Dans les régions les plus reculées, des bornes fontaines ont été installées afin d’amener l’eau à tout le monde.

Sur le plan agricole,  depuis 2008, un arrêté oblige toute entreprise minière implantée dans la province à aménager 500 hectares de terres cultivables afin de répondre aux ambitions d’autosuffisance alimentaire de la région. Sur la même période la tonne de farine de maïs passe de 2200 dollars à 500 dollars.

Par ces actions, la population katangaise retrouve une qualité de vie certaine. Le travail et les résultats de Moïse Katumbi et de son gouvernement provincial expliquent la grande popularité de celui qui restera comme le dernier gouverneur du Grand Katanga. En effet, dans l’espoir de diminuer l’influence et le pouvoir de Moïse Katumbi, Joseph Kabila décide, en septembre 2015, de précipiter le démembrement du Katanga en quatre provinces indépendantes.

Principal opposant au régime Kabila depuis septembre 2015, Moïse Katumbi se déclare candidat à l’élection présidentielle en mai 2016. Il est un grand défenseur de l’Etat de droit et appelle au respect de la Constitution par Joseph Kabila.

Le défenseur de l’Etat de droit

En 2013, conformément à la Constitution du pays, Moïse Katumbi annonce qu’il ne se présentera pas à un troisième mandat de Gouverneur. Cependant, le gouvernement central tarde à organiser les nouvelles élections.

Le 29 septembre 2015, Moïse Katumbi démissionne du parti présidentiel, le PPRD, et de son poste de Gouverneur par une déclaration dénonçant les dérives anticonstitutionnelles du régime, le recul de l’Etat de droit et des libertés individuelles. En particulier, il accuse le Président Kabila de vouloir se maintenir au-delà de ses deux mandats constitutionnels. Dès décembre 2014 lors d’un célèbre discours, Moïse Katumbi avait prévenu Joseph Kabila de l’importance de respecter sa limite de deux mandats.

Dès sa démission, Moïse Katumbi est victime de tracasseries, d’intimidations, de menaces et d’harcèlement juridique de la part du régime Kabila à des fins politiques.

Le gouvernement congolais l’accuse tour à tour d’avoir recruté des mercenaires, d’avoir spolié l’immeuble d’un citoyen grec.

Sur l’affaire immobilière, le frère de Moïse Katumbi, Raphael Katebe a indiqué être le propriétaire de l’immeuble et non Moïse. La juge Présidente du tribunal de Lubumbashi, Chantal Ramazani, a dénoncé dans un courrier du 25 janvier 2016, les vices de forme et la vacuité de ce dossier contre Moïse Katumbi, les pressions graves et les menaces physiques subies par le ministre de la justice, la Présidence de la République et l’Agence Nationale du Renseignement pour faire condamner Moïse Katumbi. Dans un article du Monde daté du 22 septembre 2016, elle détaille longuement ces menaces. Elle sera aussi interviewée sur TV5 Monde et France 24 sur cette question.

Sur l’affaire dite des mercenaires, le gouvernement américain contredit le ministre de la justice congolais en démentant la présence en RD Congo de citoyens américains ayant de telles activités. Depuis lors, alors que les proches de Moïse Katumbi sont encore détenus sans avoir été jugés, le principal incriminé, citoyen américain, Darryl Lewis a été relâché. Ce dernier a porté plainte contre le directeur général de l’ANR pour torture lors de sa détention.

Ces deux affaires ont été dénoncées par la Conférence Episcopale des Evêques (CENCO) dans un rapport sur la décrispation politique daté de mars 2017. Ils y affirment que ces affaires sont des « mascarades » et ont comme seul objectif « d’empêcher Moïse Katumbi d’être élu ». Les évêques y recommandent le retour au pays en homme libre de Moïse Katumbi.

Le candidat

Lors de sa démission du PPRD et de son poste de gouverneur du Katanga dans une célèbre déclaration, Moïse Katumbi appelle les forces vives de la nation congolaise à se rassembler pour défendre l’Etat de droit et faire respecter leurs droits.

Il est désigné candidat à la présidence par les opposants du groupe G7 en mars 2016 et par les opposants d’Alternance pour la République en mai 2016. Le mercredi 4 mai 2016, il officialise sa candidature sur son compte Twitter et par voie de communiqué de presse.

En juin 2016, l’opposition congolaise crée le “Rassemblement” dont Moïse Katumbi est l’un des deux initiateurs avec feu Etienne Tshisekedi. Malgré les assauts répétés du gouvernement qui tente de débaucher ses membres, le “Rassemblement” est  resté uni et déterminé à défendre la Constitution congolaise et faire obstacle à la dictature.

En décembre 2016, le dialogue entre opposition et majorité présidentielle, sous l’égide de la CENCO, aboutit à un accord inclusif grâce au sacrifice de Moïse Katumbi. En effet, malgré le non règlement de son cas, qui constituait pourtant l’un des préalables à  la tenue du dialogue, Moïse Katumbi accepte que les représentants de l’opposition signent l’accord. Il demande que son cas soit étudié par les évêques. Ce travail aboutira au “rapport de la CENCO” qui innocente clairement Moïse Katumbi et appelle à son retour au plus vite afin de pouvoir se présenter et faire campagne librement à l’élection présidentielle (en savoir plus sur le rapport de la CENCO).

Le 13 juin 2017, en réponse à une plainte officielle déposée à Genève par Moïse Katumbi, le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU adresse au gouvernement congolais dans un courrier dans lequel il demande officiellement que l’opposant puisse revenir en sécurité dans son pays et y être candidat à l’élection.

Le 12 mars 2018 à Johannesburg, Moïse Katumbi et ses soutiens créent la plateforme électorale ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT.

Retrouvez le serment de Moïse Katumbi qui revient sur son engagement et son projet pour le Congo.